Publié le 28 Septembre 2007

Ouais, ouais...

C'est mon nouveau téléphone...


tel

Ouais.

Régression complète hein ?
 

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Publié le 18 Septembre 2007

Ce coup-ci j’en ai marre des communistes et des anarchistes !
 
Ca fait un moment qu’ils me courrent sur le haricot, mais là c’est trop !
Hier soir, j’étais à un concert de rue de quartier à Poble Nou, quartier de Barna excentré, où ne vont pas trop les touristes. J’aime bien ce quartier, à part la Rambla locale, il fait un peu abandonné, avec pas mal de rues défoncées, pas mal de beaux vieux immeubles qui ont l’air abandonnés et très peu de commerces et en plus, il est à coté de la mer ce qui ne gâche rien.
Donc je vais dans mon quartier pourri pour voir un concert d’un groupe pourri « Radio Raheem ». J’ai trouvé ça sur une affiche de communistes, anarchistes en deux couleurs qui réclament l’autogestion de je sais pas quoi, mais ça me plait bien : je suis sûr d’y voir des gens sales.
Alors la fête était vraiment très bien, c’était une « fiesta mayor » du quartier, c'est-à-dire la fête du quartier qui a lieu chaque année. Comme d’habitude, tout le monde est déguisé en diable et crie en crachant du feu, on est en Catalogne quoi.
Bon.
Je vais au concert.
Le concert est pas mal, ça commence par du rap italien, pas trop pourri et l’ambiance est plutôt sympa. La rue a été bloquée et la scène est installée sur un croisement de rues, bref c’est bien.
Bon alors logiquement, je vais me chercher une bière. Et voilà. Je suis allé chercher une bière de communiste et c’est là ma grande erreur. Je fais la queue, j’arrive au bar, je demande une bière et le punk de service me demande mon ticket (il a une crête, mais on voit tout de suite qu’il a 20 ans et qu’il est pas crédible parce qu’il a des boutons).
Au départ j’ai pas compris.
Je me fais expliquer les choses : et là il me dit qu’il faut que j’aille faire la queue à coté pour acheter mon ticket et qu’ensuite je revienne faire la queue ici avec mon ticket.
Ca me fait chier.
J’ai l’impression d’être à la SNCF , c’est organisé de telle façon qu’on fait deux fois la queue, ça me plait pas, j’aime pas. Je sais pas, pour moi les punks c’est quand même des gens qui se coiffent se crachant dans les mains et en passant leur mains dans leur cheveux, alors merde un peu de respect pour les traditions quoi.
Bon, je vais faire la queue. La bière est à 1,50 euro, ce qui n’a rien de punk comme prix mais bon je passe l’éponge. Bon je demande mon ticket et là la punk n°6 me demande si j’ai mon verre. Au nouveau je comprends pas.
Je sais pas moi, je viens acheter un verre de bière et on me demande si j’ai mon verre, je comprends pas…
Elle insiste. Donc c’est pas un problème de langue, ce coup-ci j’ai la confirmation qu’elle me demande si j’ai un verre : j’ai bien compris. Je suis très confus et je lui dis que je n’ai pas de verre, mais que j’ai un ticket et qu’avec le ticket, d’après ce que j’ai compris, je prendrai une bière. Elle me dit que c’est très bien, mais elle me demande si j’ai un verre. J’ai pas dû comprendre.
Jusqu’au moment où je vois une affiche avec écrit : « pourquoi il faut payer pour son verre ? ». Ca tombe bien, je me pose la question.
Je lis l’affiche, en quête d’une explication et… j’apprends qu’il faut payer son verre pour trois raisons :
1. Pour pas polluer
2. Pour pas salir les rues
3. Pour pour aider les compagnons prisonniers catalans enfermés en prison loin de chez eux.
 
C’est dommage j’aurais voulu prendre la photo mais je n’avais pas mon appareil.
Mais alors vraiment je suis atterré, on peut même plus faire confiance aux punks !
Enfin quoi « pas polluer », « pas salir les rues », c’est quand même plutôt des préoccupations de tarlouze de hippies ça ! les punks, que je sache, c’est quand même pas des types qui mettent des petits encens partout, en se rasant la tête et en s’habillant en rouge si ?
…faut pas tout mélanger merde!
Et puis « pas salir les rues » ça veut dire quoi ? on dirait un slogan de la mairie… mais moi je suis pas venu à une fête de députés !
Et alors le dernier argument c’est vraiment le plus fort… On te propose d’acheter un verre pour aider les compagnons catalans emprisonnés loin de chez eux !!!! Mais je m’en fous moi ! Je  les supporte pas moi les catalans ! Et en quoi le fait de payer un verre en plastique ça va les aider les catalans emprisonnés ????
Moi je veux bien : s’il faut les foutre en tôle catalane pour que je paye pas mon verre, je signe !
Le plus fort c’est que le verre coûte quand même 1 euro.
 
Et la punk n°6 me dit : « oui mais après tu l’emmener chez toi » mais bien sûr que je peux l’emporter chez moi, si je l’ai acheté connasse !
Bon du coup j’ai fait le punk : j’ai pris un verre vide sur la table et j’ai prétendu qu’il était à moi et j’ai pris ma bière sans payer le verre. Ensuite j’ai rencontré deux chiliens perdus à Barcelone depuis 6 mois et on a de suite organisé un front franco-latino de résistance à la vermine anarchocommuniste catalane. Enfin je leur ai filé mon verre quoi.
Y en a qui fument pour faire chier le gouvernement – c’est vrai que ça le fait vraiment chier le gouvernement – on les appelle les « Che Guevara de la cigarette », ben moi je file mes verres en plastique à des compagnons de lutte latino-américains pour faire chier les anarchistes. On appelle ça les « Che Guevara de la bière ».
 
Du coup, je suis allé chez le pakistanais du coin, et je me suis acheté un litre de bière  pour 1,70 euros et la bouteille de verre qui allait avec je l’ai foutue à la poubelle. En plus le type qui m'a vendu mon litre bière a eu la décence de pas me parler en catalan.
Allez khuda hafis, hein ! (ça veut dire « au revoir » en pakistanais, désolé je sais pas comment on dit en punk et je m’en branle).
 
Pakistanais : 1 – Punk : 0.

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Publié le 17 Septembre 2007

Ben ça prend une belle tournure cette rentrée…

 

Les Don Quichotte qui remettent le couvert avec les pouilleux clodos sur le Pont des Arts avec leur tente Décathlon, Jospin qui profite de la rentrée pour exploser Royal qui répond en citant la bible « ne leur en voulez pas, ils ne savent pas ce qu’ils font » et repart sur son couplet du racisme-sexysme, Brice Hortefeux qui fait une petite déprime parce qu’il n’atteint pas son quota d’expulsion de 25 000 personnes, et qui part engueuler les préfets (le pauvre, je suis triste pour lui, son jouet d’expulsion il marche pas bien), les contrôles policiers qui ont augmenté de 300% en un mois (je n’invente pas), Kouchner qui veut se lancer dans une guerre et François Fillon qui monte dans un char pour calmer tout le monde…

 

fillon

Le premier ministre prêt à nous défendre.

 

Manqueraient plus que les syndicats descendent dans la rue…

Ah… tiens j’allais oublier les test ADN pour les regroupements familiaux…

Ah... tiens j'allais aussi oublier les maires de quelques villes qui n'aiment pas les clodos et leur envoie des odeurs nauséabondes dessus pour qu'ils s'en aillent (non, non je n'invente rien).

 

Ah bé voilà on y est : allez on se sert un peu, on se met tous sur la photo, le petit oiseau va sortir. Avec sa mitraillette.

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Publié le 15 Septembre 2007


... C'est étrange la vie quand même...


...Autant un jour on est tout en bas...
       ...on est triste comme une pierre pourrie...
  ...on ne voit pas de soleil...
 ...il n'y a que du vent...
         ...les aliments n'ont pas de saveur...
   ...on arrive pas à dormir...
                   ...on ne voit plus les jours passer...
               ...plus rien ne semble avoir de sens...

               ...et puis...

    ...le lendemain, d'un coup...
  ....il y a du soleil dans les journées !
       ...d'un coup, il y a des jolis petits oiseaux dans le ciel !



oiseau



       ...d'un coup les gens parraissent bienveillants !

         d'un coup tout prend du sens !!

  on se sent gorgé de vie, d'envie !!!
        on se sent bien avec envie de vivre !!!!





Aaahhhh ?


Ah bé non en fait.



 

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Publié le 6 Septembre 2007

Depuis la marre de flotte qui me sert d’environnement de barbotage depuis quelques jours – voire un article précédent que vous ne pouvez pas voir parce qu’il est supprimé – j’ai décidé de faire bonne figure, de rester digne et droit comme un « I » et d’affronter Dieu. Le combat est très inégal, et probablement il est perdu d’avance, (pour ceux qui savent pas Dieu c’est un genre de super-héros qui a plein de pouvoirs et qui se dédie essentiellement à la tache de me faire chier) mais bon, comme j’ai pas le choix, il faut bien que je fasse front.
Déjà que les impôts veulent me foutre en tôle et que la sécurité sociale française veut ma peau – je suis pas dupe : je sais bien qu’ils ne sont que les marionnettes de Dieu – fallait bien que les chemins de fer s’y mettent aussi.
 
Comme je pars du principe qu’il faut toujours dire la vérité, et comme j’ai une éthique (tac), je me limite à ne dire du mal – il ne faut jamais se refuser un plaisir, surtout s’il est scientifique – que des gens dont il a été prouvé de façon scientifique qu’ils sont teigneux, ont un gros nez, sont unijambistes, pecnots, pignoufards, gluants, suants et mal odorants : je pense à l’administration, et à la SNCF.
Je sais qu’en disant ça j’aurais sans doute un procès, mais bon c’est pas ma faute car 1) Dieu veut me tuer, 2)  ça sera pas la 1ere fois qu’on cherche à me mettre devant le juge cette année, ces gens n’ont décidément aucun humour.
 
Faut dire aussi qu’il y a vraiment de gens énervants. Pourtant tout est parti d’un truc normal : j’ai juste voulu faire un voyage en train.
Et là, banco, ça n’a pas raté : c’est tout de suite très vite devenu n’importe nawak.
Alors je t’explique : je devais faire un truc de fou, je devais faire Marseille-Nice en train, un truc de taré que même Cousteau ou Nicolas Hulot ils oseraient pas faire ça.
Bon. Comme je suis pas un touriste, et comme je connais les promotions SNCF - qu’ils prennent soin de cacher au public pour que personne ne puisse en profiter – j’ai décidé de faire mon voyage Marseille-Nice avec la promo qui existe : le billet « mon cul découverte 25% » (pourquoi « billet découverte » ? je me le demande. Après tout je connais bien Marseille et je connais bien Nice, je vois vraiment pas pourquoi il faudrait que je « découvre » une de ces villes – ou les deux – pour avoir droit à avoir une réduction. Bref. Après tout, je me suis dit que s’il fallait que je joue le jeu, je le ferai et je ferai semblant de découvrir ces villes, quitte à m’écrier ce qu’il faut, je sais pas moi « oh la belle bleue » ou « dieu qu’il est beau ce tramway » ou « oui à la socca, non au kebab ». En gros : je suis ready, je suis prêt, je suis au top, je veux mon billet réduction.)
 

Donc, je vais à la gare pour acheter mon billet.
La première chose à savoir, c’est que si tu veux un billet réduction, il ne faut pas compter l’acheter avec les machines automatiques : celles-ci n’ont pas la promotion (le conseil général a dû ne pas vouloir qu’elle apparaissent pour telle ou telle raison). Du coup, y a pas le choix : il faut faire la queue. Alors il faut préciser qu’à ce moment on était en plein mois d’août, c'est-à-dire en plein été avec des cons des deux cotés du guichet, mais, quand même, avec plus d’un coté que de l’autre (je parle de ceux qui sont payés pas de ceux qui paient).
Donc je suis ready, je suis prêt, je suis au top et je vais faire ma demi-journée de queue pour acheter mon billet. Je m’y prends le matin pour l’après midi, pour pas avoir de stress et pas rater mon train, ce qui peut se traduire par : je m’apprête à passer toute la journée à la gare.
Au bout d’une petite semaine d’attente dans la file, je finis par arriver au guichet, et classiquement, la guichetière ferme le volet pour partir en pause-prozac en soufflant comme si elle avait une quelconque raison de le faire. Pour patienter je m’imagine mettant des grands coups de pieds dans les vitres ou les fenêtres et dans les guichets et spécialement dans le ventre des agents SNCF. Enfin je patiente quoi.
Comme je me suis fait niquer par la guichetière qui a fermé son guichet, je refais la queue une demi-heure pour enfin arriver à un autre guichet. Ma séance de relaxation a porté ses fruits et au moment où j’arrive au guichet, je n’ai que envie d’étrangler mon interlocutrice, mais sans plus. Très calme et très poli – je suis un garçon bien éduqué – je lui demande un billet Marseille-Nice aller retour, promotion « mon cul découverte », donc avec 25% de réduction.
Bien sûr je m’attendais à un refus ferme, mais là surprise ! beaucoup plus maline que ça, elle fait mine d’accepter… et commence à m’imprimer une « carte jeune » ou une « carte vieux » je sais plus, enfin une « carte pigeon » quoi. Moi j’ai rien demandé et cette carte j’en veux pas. Toujours très calme, et toujours bien éduqué, je lui explique que je ne veux pas acheter de carte très chère et inutile mais que je veux juste un billet « mon cul découverte » tout simple, oui celui là qu’on ne peut pas acheter ailleurs qu’à son guichet pourri. Du tac au tac, elle me répond « c’est quoi ça ? »

Ok.

Bon alors je lui explique qu’il ne faut pas qu’elle s’affole, que ce n’est pas bien grave si elle ne connaît pas son métier, car moi je suis là, que je suis le client et que je sais tout et que je vais lui expliquer ce que c’est que la réduction à laquelle j’ai droit. Je lui explique donc qu’en faisant l’aller-retour en région et en achetant les billets à l’avance, on obtient une réduction de 25% sur le prix du billet.
Elle me regarde bouche-bée, et se met à loucher en regardant dans le vide.
Une mouche passe.
Je me retiens de l’imiter en laissant couler en plus un filet de bave et je ne dis rien et attends.
Une minute de vide sidéral passe, elle se ressaisit et… recommence à imprimer la « carte pigeon voyageur » à 30 euros que je n’ai pas demandée.
 
Bon, alors là je l’arrête tout de suite :
« Moi - Madame ? Madame ? Madame ! Madame, s’il vous plait… Madame, vous savez que si vous continuez à imprimer cette carte, je vais être obligé de vous casser la gueule ?
Elle - Mais enfin c’est beaucoup mieux pour vous cette carte monsieur », me dit-elle.
Bon alors là j’aime pas du tout qu’on sache ce qui est bien pour moi ou pas. Je reprends :
« Moi - Je vous prie madame d’arrêtez ça tout de suite, sinon vous allez avoir mal aux molaires.
Elle - Mais puisque je vous dis que c’est beaucoup mieux…
Moi - C’est marrant comme j’ai pas envie que « ça soit mieux »… Alors soyez gentille, arrêtez vos bêtises et faites moi le billet que je vous ai demandé, ça fait une heure que je fais la queue parce que vos machines ne font pas la promotion, je ne voudrais pas terminer cette journée en vous explosant la gueule contre une vitre et terminer en prison.
Elle - Mais c’est vraiment mieux pour vous… »
 
Bon, comme je sens que la partie est serrée et qu’elle ne lâchera pas l’affaire, je comprends assez vite que si je veux partir vite il va falloir que j’envisage de lui donner la rançon qu’elle me demande. Dans un moment de faiblesse je me laisse expliquer le fonctionnement du dit billet et j’avoue me laisser bluffer : en payant cette carte à merde à 30 euros, j’aurais droit non pas à 25% de réduction, mais ni plus ni moins qu’à 50% si je voyage le week-end. En gros, calcul faits à part, sur ce voyage je paierai 5 euros de plus que prévu et dès le prochain voyage je récupérerai 15 euros. La carte étant valable un an, je me dis qu’il y aura sans doute moyen de l’amortir.
Evidemment ça c’est pas passé comme ça et avec cette « carte pigeon », j’ai payé 70 euros un voyage qui devait en valoir 38.25. Avec ça, il faudrait que je souris et que je sois content. Je n’ai rien dit, j’ai pris mon billet et j’ai quitté la gare.
Je suis content : j’ai mon billet pour Nice.
 
Que nenni.
 
Une heure après l’achat de mon billet, Pulsidar – un ami en kit démontable – celui-là même chez qui je devais dormir à Nice, me téléphone pour m’expliquer jovialement qu’il est à Amsterdam chez Grémyi et qu’il est sur le chemin du retour en voiture pour Nice. Résultat de l’affaire : avec tout ça, je me rends compte que si je prends le train j’arriverai avant lui à Nice et je devrais dormir sur un paillasson. Un rapide tour de magie dans ma tête me fait vite comprendre que puisqu’il passe par Marseille pour aller à Nice, je ferais aussi bien de monter dans la voiture, afin de ne dormir sur aucun paillasson.
L’affaire est conclue et il ne me reste plus qu’à retourner à la gare pour me faire rembourser mon ticket de train.
Donc à refaire la queue.
Je retourne à la gare, je me prépare, je vais au centre du ring et ça ne manque pas, on est en août et il y a 30000 personnes qui font la queue. Je me dis que c’est mon destin et que c’est ainsi et que je dois patienter encore et toujours.
Au bout d’un temps record (le temps d’attente dans la queue à la SNCF est à peu près le temps d’un mandat électoral complet) j’arrive au guichet et je retombe sur ma guichetière, la même que celle avec qui j’ai parlée deux heures avant. Je lui dis tout sourire que, finalement je ne prendrai pas le train pour aller à Nice ce soir et que j’ai avec moi mon billet – non composté – et que je voudrais me faire rembourser. Ca ne rate pas : elle refuse.
 
Je respire calmement et je reprends :
« - bonjour madame, je viens vous voir avec mon billet neuf, acheté ce matin et non composté, que j’ai ici présent entre mes mains sous vos yeux, pour vous informer que des raisons indépendantes de ma volonté me mettent au regret de ne pas pouvoir effectuer mon voyage vers la ville de Nice – que je comptais découvrir, oh ! la belle bleue ! – au moyen de vos merveilleux services. Enfin j’y vais en caisse quoi, voici mon billet, je voudrais que tu fasses pas chier et que tu me rembourses. »
 
Alors là elle prends sa voix la plus geignante et me décroche :


« Elle - C’est pas possible monsieur (et gna-gna-gna !)
Moi - Je comprends pas.
Elle - Y a rien à comprendre, c’est juste que c’est pas possible.
Moi - Attendez, attendez… On va reprendre les choses du début. Je vais vous posez une question d’accord ? Alors voilà ma question : est-ce-que si quelqu’un vient vous voir avec un billet de train non composté pour un voyage qu’il ne fera pas et qu’il vous rend le billet vous pouvez le rembourser ?
Elle - Mais bien sûr monsieur.
Moi - Ah. Ah. Ah. Bon, ben ça tombe bien, parce que, justement, j’ai là un billet de train - non composté - pour un voyage que je ne ferai pas, que je voudrais vous rendre pour me le faire rembourser.
Elle - Faites voir votre billet…»
 
Je lui tends, elle le regarde, l’ausculte et me le rend en disant :
 
« Elle - Ah non c’est pas possible.
Moi - Ah bon ?
Elle - Non.
Moi - Ah bon. Et pourquoi c’est pas possible ?
Elle - Parce que c’est un billet promotionnel monsieur.
Moi - Madame, excusez-moi, sauf votre respect, ce que vous dites est insensé.
Elle - C’est pas possible je vous dis.
Moi - Est-ce qu’on peut se faire rembourser un billet promotionnel je vous prie ?
Elle - Oui. Sous certaines conditions.
Moi - Ah. Voilà. Lesquelles je vous prie ?
Elle - Il faut venir un jour avant le départ.
Moi - Un jour avant le départ ?
Elle - Oui.
Moi - OK. En fait là vous êtes en train de me demander que je vienne hier.
Elle - Heu…
Moi - … Pour un billet que j’ai acheté ce matin.
Elle - Heu.
Moi - Ne dites pas « heu », c’est ce que vous venez de me dire. Vous me demandez que je vienne hier.
Elle - Heu…
Moi - Vous savez bien que c’est impossible. Je ne peux pas venir hier. C’est impossible. A la limite je pourrais venir demain, mais ni chronologiquement, ni grammaticalement vous ne pouvez me demander que de venir hier. C’est impossible. »
 
Elle louche.
 
« Elle - Oui bon ben c’est comme ça.
Moi - C’est n’importe quoi.
Elle - Ecoutez je n’ai pas de temps à perdre.
Moi - Je suis bien d’accord avec vous, c’est d’ailleurs pour ça que je vous suggère de me rembourser mon billet le plus vite possible, sinon vous allez en perdre du temps.
Elle - Je vous ai dit que je ne pouvais pas.
Moi - Vous ne m’avez pas donné de raisons valables.
Elle - …
Moi - J’attends de savoir pourquoi vous refusez de me rembourser un billet que je n’utiliserai pas. Vous vous voulez me faire payer une place pour un voyage que je ne ferai pas. Ce billet n’est pas composté, ce qui selon vos propres critères constitue la preuve qu’il n’a pas été utilisé. Je veux vous le rendre, ce qui m’empêchera de prendre le train, puisque le billet sera en votre possession. Jusqu’à présent vous ne m’avez donné aucune raison valable, vous vous êtes contentée de me demander de venir hier pour un billet que j’ai acheté il y a deux heures et de refuser de me rembourser un billet pour un voyage que je ne ferai pas.»
 
Excédée elle finit par lâcher : « bon écoutez si on rembourse pas, c’est parce qu’il y a trop de fraude. »
Alors là j’ai failli voter Le Pen.
 
Ça n’a l’air de rien comme ça, mais en fait c’est tout à fait inacceptable comme argument. « Y a trop de fraude ».
Je regarde mon interlocutrice avec les yeux estomaqués (selon la belle expression de Domi) et je craque :
 
« Moi - Alors il y a trop de fraude ! Et de la part de qui ? Parce que là celui qui a payé son billet, c’est moi. Ceux qui ne veulent pas rembourser, ni même changer la date d’un billet payé, c’est vous ! Donc je suis content de vous entendre reconnaître qu’il y a trop de fraude. Par contre je voudrais bien que vous notiez que vous vous trompez de sujet lorsque vous dénoncez la fraude. On n’a jamais vu un fraudeur qui a payé son billet que je sache !
Elle - Mais enfin monsieur je ne parlai pas de vous.
Moi - Je suis content de vous l’entendre dire ! D’ailleurs moi non plus je ne parlais pas de moi, je parlais de vous.
Elle - Bon écoutez, vous avez peut-être payé votre billet, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
Moi - Mais c’est incroyable ce que vous me dites là ! Dans ce cas attaquez-vous à ceux qui n’ont pas payé leur billet et pas à ceux qui l’ont payé !
Elle - Ecoutez, ça n’a rien à voir avec vous mais…
Moi - Excusez-moi, vous me dîtes que ça n’a rien à voir avec moi, mais là en regardant mon porte-monnaie, je vois bien que ça a à voir avec moi…
Elle - Mais, mais, mais…
Moi - Ah bé oui « mais, mais, mais ».
Elle - Oui enfin bon…
Moi - Quoi « enfin bon » ? Tout ce que je vous dis c’est qu’il est intolérable que je paie un billet pour un voyage que je ne ferai pas alors même que ce billet n’est pas composté et que je suis prêt à vous le rendre. C’est pour cela que je vous rends le billet non composté, pour preuve du fait que je ne ferai pas ce voyage.  Au moins faîtes moi un avoir ou changez moi la date du voyage !
Elle - C’est pas possible…
Moi - Mais enfin c’est pas possible ! Vous me demandez de venir hier avec un billet que j’ai acheté aujourd’hui et pour finir vous m’expliquer que vous ne voulez pas me rembourser parce que des gens n’achètent pas leur billets ! »
 
J’essaie alors de reprendre mon calme en visualisant des scènes de tortures atroces sur des enfants de la SNCF dont on aurait coupé tête et ligoté les bras et à qui des grands-mères fébriles et sadiques auraient cousu les yeux avec du fil rouillé et je regarde mon interlocutrice dans les yeux – en supposant qu’il existe un cerveau derrière – et lui demande très calmement le bureau des réclamations.
 
« - Au fond à droite », me répond-elle avec un zeste de « ouf ! il dégage » dans la voix.
 
Je vais au bureau des réclamations et je dis :
 
« - Bonjour madame.
Elle - Bonjour monsieur. C’est pour quoi ?
Moi - Hé bien je viens vous voir parce que je voudrais savoir sous quelles conditions on peut se faire rembourser un billet dans le cas où on a pas fait le voyage.
Elle - Il vous suffit de nous ramener le billet non composté monsieur.
Moi - Ah bon.
Elle - Pourquoi ça ?
Moi - Rien, voici mon billet, non composté, que je souhaite me faire rembourser car je ne ferai pas le voyage.
Elle – Faîtes voir ? (elle regarde) Ah là non, là c’est pas possible.
Moi - Ah bon ?
Elle - Ben non, vous l’avez acheté aujourd’hui votre billet.
Moi - Oui. Je suppose que vous allez me demander de revenir hier.
Elle - Ben… oui, il aurait fallu.
Moi - Pour un billet acheté aujourd’hui.
Elle - Ben…
Moi - Ben quoi ? Vous allez me dire que c’est de ma faute si je n’arrive pas revenir hier ?
Elle - Heu…
Moi - Je suppose que c’est pas de votre faute, que c’est de la faute de personne, que personne n’est responsable, qu’il y a trop de fraude ou n’importe quoi d’autre ?
Elle - Ah oui ! la quatrième !
Moi - Quoi la quatrième ?
Elle - La quatrième raison, là la quatrième raison que vous avez dite.
Moi - Quoi ? il y a trop de fraude ?
Elle - Oui ! voilà c’est la bonne.
Moi - Bon. Très bien. Je veux faire une réclamation par écrit.
Elle - Ah non !
Moi - Attendez, je voudrais faire une réclamation par écrit.
Elle- Ah non !
Moi - Non mais attendez, je vous demande pas votre avis, je vous demande de me donner l’adresse pour que je puisse faire parvenir ma réclamation par écrit à des gens responsables !
Elle - Oui, mais non, ça marchera jamais.
Moi - C’est vous qui répondez à ces réclamations ?
Elle - Ah non, c’est à Paris qu’ils répondent.
Moi - Ah ben voilà, alors puisque vous n’avez aucun pouvoir décisionnaire sur cette affaire, je vous demande, je vous prie, de me transmettre l’adresse du bureau des réclamations.
Elle - Ah non, mais ça ne marchera jamais, ils accepteront pas.
Moi - Madame, si vous continuez à refuser de me donner l’adresse du centre des réclamations-sur-lequel-vous-n’avez-aucun-pouvoir-décisionnaire, je vais me voir dans l’obligation de vous étrangler.
Elle - Mais puisque je vous dis que ça ne marchera pas…
Moi - Je vous répète que je voudrais faire une réclamation auprès d’une personne responsable, alors, s’il-vous-plait, ne m’obligez pas à vous étrangler et donnez-moi cette adresse je vous prie. »
 
Après un moment elle a fini par me jeter un petit bout de papier de la taille d’un emballage de Hollywood Chewing-gum sur lequel était mesquinement griffonnée une adresse d’un local pourri vers Paris.
Ayant obtenu le précieux sésame – on parle d’un vieux papier chewing-gum –, je suis allé à Nice en voiture avec Pulsidar et bien sûr, pendant le voyage j’ai perdu le papier Hollywood Chewing-gum et bien sûr, au final, je me suis fait niquer.
 


Youpi.

 

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