Publié le 30 Avril 2007

(au départ cet article était un commentaire en réponse au commentaire de Feelfree, mais le commentaire est devenu tellement long que je l'ai mis en article)

Il y a quand même un truc qui me chiffonne dernièrement dans cette campagne (oui il n'y en a qu'une).
Bon, alors outre une louttre que je ne fais pas de politique sur ce blog/oui je fais de la politique sur ce blog, je ne comprends pas où sont passés les sondages.
Pour info, et en douce comme ça au milieu de l'article, j'avais envie de rappeler que Ségolène a quand même fait le plus haut score de la V éme république à un premier tour d'élection présidentielle (plus que Miterrand donc), mais qu'à cette époque le parti communiste de G. Marchais faisait pas loin de 15 pour cent.
N'empêche je pense quand même que le réservoir des voix de gauche est plus grand chez Baryou que le réservoir de voix de droite...
Autre question : pourquoi on ne voit plus de sondages en ces moments ? Compte tenu, sans être paranoïaque, que Sarkozy tient quand même bien l'information (ne soyons pas langue de pute : tous les candidats cherchent à utiliser l'information à leur fins, mais là cette fois ci je me pose quand même des questions sur les relations de Sarkozy avec les médias et j'ai quand même franchement tendance à penser qu'il y a des limites un peu dépassées là).
Bon, exemple : je pense que 40 000 personnes à Bercy présentes pour le dernier meeting de Sarkozy c'est juste. C'est juste et on se fout pas de notre gueule. Bon, juste que quand même quand Iggy fait Bercy, il remplit certainement plus que Nicolas et que Bercy rempli par Iggy (tiens ! j'aimerais beaucoup voir une rencontre Iggy/Sarkozy : ils font la même taille et Iggy lui montrerait sans doute son sexe en lui criant qu'il veut être son chien, puis il s'enduirait de beurre de cacaouhète et se jeterrait sur lui avant de lui mettre des petits coups de poing) c'est 17 000 places. Les Stones ou Pink Floyd ou Madonna dans un stade c'est 50 000. Donc non. Là y a foutage de gueule. 40 000 personnes dans une salle, qui pleine à craquer, en compte 17 000, c'est pas juste. C'est pas l'ordre juste. Bon alors, explication de l'UMP : il y avait 23000 personnes dehors sur le trottoir. Ouais. C'est ça. En France il y a plus de gens sur les trottoirs pendant les meetings que dans la salle et, tiens toi bien, ils sont 23 000 à attendre.
Ok, c'est clair l'UMP cherche à nous pisser notre gueule, certes, mais la question c'est : pourquoi mentir ? Pourquoi pas dire la vérité et dire 40 000 si on dépasse pas 15 000 ? Si on pense aux gens qui y étaient au meeting, ils sont pas dupes, ils savent bien qu'il n'y avait pas 23 000 personnes qui faisaient le pieds de grue dans la rue. Certes, mais si on pense comment le message sera lu par ceux qui n'y étaient pas, alors ça prend du sens...
Car en gros, au total dans les journaux ce qu'on lit c'est : Ségolène fait 8 000, Sarkozy fait 40 000, résultat : laisse tomber coco, tu arriveras pas. Et là gros point : si les électeurs du camp adverse ne croient pas en son candidat, on démobilise les troupes et les votes. En gros : c'est fichu, pourquoi aller faire trois heures de queue à Barcelone (ou autre) pour participer à une telle déroute ? Autant je reste chez moi et je me triture le radius ou je m'astique les oreilles, c'est pareil.
Donc mon raisonnement est celui-ci : y a deux semaines on tournait à trois sondages par jour (mais ils étaient très en faveur de Sarkozy) et aujourd'hui que l'écart se resserre, ni Le Monde, ni Le Figaro, ni France Info, ni TF1 (médias dans lesquels Sarkozy a des relations très developées) ne passent plus trois sondages par jour. Car l'écart constaté dernièrement - écart qui se resserre - contient un risque de remobilisation des électeurs du coté socialiste.
Mais c'est pas beau de penser que Sarkozy a des relations dans les médias ou de penser que les hommes politique en général cherchent à influencer les médias.
Alors je ne le pense pas et comme tous ceux de ma race (qui ne va plus me reconnaitre depuis que je dis comme Elkabbach aux Guignols que Ségolène est une poufiasse) je vais fermer mes yeux et mes oreilles et aller voter pour la poufiasse en espérant ne pas me tromper de bulletin tant ma peine est grande (aïe aïe aïe ma peine est très grande) d'avoir raté mon apport à Frédéric-quiça?-Nihous.
 
Allons en paix et dans la dignité du grand phoque sauvage.

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Publié le 28 Avril 2007

Pour savoir qui voter, le pas con c’était d’aller voir un peu les programmes des candidats. Après un tour des candidats et de leur programme, j’ai relevé ces phrases suivantes sur les trois thèmes qui me semblent fondamentaux : la culture, la « sécurité » (à tenir du bout des doigts comme une vieille chaussette qui pue) et l’Europe. A noter, que concernant l’Europe, il y a bien peu de candidats qui en ont parlé (la culture c’est pareil par ailleurs).
L’idée, donc c’est de décoller les phrases du nom et je vous dirais après qui a fait ses propositions.
 
Sur la culture :
"La culture n'est pas un luxe qui vient après le nécessaire."
"Elle constitue le soubassement de nos prises de conscience, de nos comportements et des événements historiques. Au même titre que l'éducation et le recherche elle peut aussi être la clé de l'innovation dans nos sociétés à travers la création"(…) Or aujourd’hui (…) la culture est en crise. Les deux objectifs fondateurs n’ont été que partiellement atteints : la démocratisation culturelle (l’accès de la culture au plus grand nombre) reste illusoire et les artistes sont en danger (cf. crise de l’intermittence)
(…) Il faut refuser "l’abaissement de l’ambition culturelle pour tous" car "la pire des fractures est la fracture culturelle". (…) Alors que le nombre de spectacles produits s’est fortement accru depuis une dizaine d’années, le public ne s’est pas renouvelé et élargi en conséquence : la transmission et le partage de la culture, c’est œuvrer aussi à sensibiliser et à accueillir toutes sortes de publics, de penser à des lieux qui ne soient pas tant figés dans des labels mais ouverts sur la cité et aux artistes, porteurs de projets innovants qui encouragent le croisement des disciplines et des genres, (…) qui développe une offre culturelle de qualité qui ne dépende pas de groupes monopolistiques (…).
L’art est héritage, (…) et il faut aujourd’hui repréciser la place de l'artiste dans la société, accompagner la création et soutenir la diversité culturelle, questions essentielles soulevées de façon cruciale par la crise des intermittents – non résolue aujourd’hui – et la loi sur les droits d’auteurs.
(Il faut) garantir un régime équitable et vertueux de l’intermittence et le soutien aux créateurs dans leur diversité est une impérieuse nécessité (le budget de la culture, atteint péniblement les 1% de celui de l’État.)
Il faut aussi inscrire nos politiques culturelles dans une dimension européenne, encourager la libre circulation des œuvres et des artistes, harmoniser les statuts sociaux et fiscaux des professionnels du secteur qui ne nous ont pas attendu pour construire l’Europe de la culture.
 
Sur la sécurité :
"La sécurité, cela commence par la présence de l’État là où ça va mal."
L’insécurité dans les quartiers qu'on nous montre en flammes à la télévision est (…) le révélateur d'une menace d'implosion de toute la société française.
" Aux grands maux, les grands remèdes ! La sécurité est le premier devoir de l’État à l’égard des citoyens (…)"
Il faut inverser notre politique : réimplanter l’Etat au cœur des quartiers, pour y incarner la sécurité et le service public. Pas seulement la police de proximité, mais aussi l'Etat de proximité, l'Etat qui protège et qui aide.
(…) La prison est une impasse, un pourrissoir, on en sort caïd : je suis pour des sanctions qui remettront le jeune au contact de l'autorité : rigoureuses et éducatives. (…)
On rendra systématique un principe de réparation du tort causé à autrui ou à la collectivité. (…)
 
L’école est la clé. Victor Hugo le disait : "Ouvrez une école, vous fermerez une prison". Si l'école donne de l'espoir, le quartier est sauvé. Au collège, il faut enseigner la loi. On doit sortir du collège les jeunes qui déstabilisent leur classe : il faut des structures scolaires de recours, de petite taille, avec une pédagogie adaptée et une surveillance renforcée.
C’est l’égalité des chances qui fonde notre pacte national. Tout se joue d'abord à l’école, qui doit redevenir l’incarnation du modèle républicain français. Notre aspiration à l’égalité des chances, à la justice, à la solidarité, est un atout dans la compétition de la globalisation. Un peuple se bat mieux s’il est soudé et qu’une certaine idée de la justice règne en son sein.
À tous les collégiens de tous les quartiers, de toutes les petites villes qui forment la France républicaine, nous devons offrir, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur situation sociale et de fortune, quelles que soient leurs relations, les chances de réussir aussi bien (dans les banlieues) que dans les 6e et 7e arrondissements de la capitale.
 
Sur l’Europe :
"L'Europe est notre chance de rester nous-mêmes."
L’Europe est un engagement, elle est aussi une nécessité. L'avenir de la France ne peut s’écrire qu’au sein d’une Europe investie par ses citoyens, conscients de la valeur d’un modèle de société et de civilisation attaqué de toute part.
"Le modèle européen existe, il est un projet de société en résistance aux valeurs dominantes dans le monde, à la dictature de l’argent roi, à l’obsession des rapports de force. L’Europe est la clé de la liberté de choix : elle permet d’écrire l’avenir."
Sans Europe, sans union politique et sans démocratie, la marche du monde devient une fatalité sur laquelle les peuples de notre continent auront perdu le pouvoir de peser. Chaque fois qu’il s’agit de peser sur l’avenir du monde, on retrouve "le besoin d’Europe".
(...)
Une Europe politique forte, capable de changer le monde, doit s’atteler à sept grands chantiers : l’économie, la diplomatie, la défense, le climat et la biodiversité, l’énergie, l’immigration et le co-développement, la recherche.
Pour cela, l’Europe pourrait être en plusieurs cercles, comme l'avait imaginé François Mitterrand : un cœur de pays étroitement associés dans un ensemble plus large, fondé sur les règles du commerce et du droit. Ce cœur de l'Europe comprendrait au moins la zone euro, et serait ouverte aux autres pays décidés à agir ensemble  sur les grands sujets qui concernent l’avenir de la planète. Une Europe politique dans une Europe juridique.
Nous savons pourquoi les Français ont voté « non ». Ils ont trouvé le texte de la Constitution européenne illisible. Ils ont pensé que cette obscurité était voulue pour faire passer un projet de société, par exemple, matérialiste et marchand, qui n’aurait pas leur accord. (...)
(...) Nous avons été pendant des décennies, les héritiers des pères de l’Europe. C’est à notre tour de redevenir humblement les pères de l’Europe à notre manière. Pères à notre tour, puisque le projet doit être profondément repensé et réinspiré.
C’est pourquoi nous agirons de manière transparente aux yeux des Français. Nous mettrons dans le débat un texte, simple, lisible, court, sans ambiguïté, qui donnera forme aux principes d’une Union européenne sortie de ses paralysies et de ses impasses.
Je prends devant vous l’engagement - qui est au contraire du choix de mes concurrents - qu’aucun texte ne sera adopté par la France qui ne le soit aussi par les Français. Ce qu’un référendum a décidé s’impose tant qu’un autre référendum n’est pas intervenu. Ce référendum pourrait avoir lieu en 2009, à l’occasion des prochaines élections européennes."
 
1) La configuration est telle : compte tenu de la prestance et des interventions qu’elle fait, je pouvais pas voter Royal au 1er tour. Le vote utile, moi je connais pas : au premier tour je vote pour celui qui représente le plus mes opinions, je vote pas « utile ». Or, mes opinions sont de gauche et jusqu’à présent je vote pour mes idées (avec une attention très particulière pour les thèmes précités : culture, Europe et « sécurité »)
2) Bon. Voter pour mes idées, ça veut dire que j’aurais dû repporter mon vote sur l’extrême gauche (pas que je sois fervent trotsquiste ou staliniste ou autre, mais plutôt que je pense qu’il serait important pour l’équilibre politique du pays et en particulier pour l’équilibre d’un parti socialiste moribond, d’avoir une extrême gauche conséquente qui force ainsi la gauche à être à gauche). Mais là, cette fois-ci, reporter mon vote à l’extrême gauche c’était pas possible.
Pourquoi c’était pas possible ? Tout simplement parce qu’il y avait 6 ou 7 candidats d’extrême gauche et que ça, ça peut pas ne pas avoir de conséquences. Je ne pouvais pas soutenir une telle division. Le raisonnement est celui-ci : 6 candidats aditionnés ça fait pas un candidat unique. Cette attitude de division de l’extrême gauche ne peut pas rester sans conséquences et à ce titre, je considère que je ne pouvais pas donner ma voix à l’extrême gauche. En somme, désolé, mais moi je peux pas faire comme si de rien n’était et j’ai tenu à marquer mon désaccord.
3) Du coup bien, emmerdé par le fait de pas pouvoir voter à gauche au 1er tour et ne voulant pas céder au « vote utile » (ou "votez peur"), me restait plus beaucoup de solution : me restait le vote blanc. Mais là ça va pas non plus. Ca va pas, parce que moi je vote blanc traditionnellement au 2nd tour, pas au 1er (dans mon monde on a jamais vu ça encore). Du coup, j’ai pensé à Frédéric Nihous. D’abord parce que tout le monde me demande « quoi ? c’est qui ? » et que ça c’est classe, ensuite parce que quand même ce type là
1) il veut remettre du plomb dans les cartouches des carabines (c’est fondamental pour se présenter aux élections présidentielles d’avoir des idées) et
2) parce que, comme il dit en parlant des banlieues : « ruralité ça rime avec quartiers », c’est tellement juste que j'ai immédiatement envie de lui répondre que ça rime aussi avec « hachis parmentier ».
Bref : cela me faisait deux très bonnes raisons de voter pour lui et de pas voter blanc. Et puis, d’ailleurs, j’en avais un peu plein le cul du « vote utile » et j’avais bien envie de « vote inutile » et, sur ce point, on peut dire que Frédéric Nihous remplissait parfaitement cette mission.
4) Bon alors, toujours dans mes tergiversations, à un moment je me suis dit : "non ça suffit, faut voter pour le parti". Donc socialiste. Après tout, je vote pas pour le ou la candidate, je vote pour le parti.
Ok : le lendemain Ségolène passe à la télé et proclame haut et fort son indépendance : « je suis enfin libre, je ne dépend plus du parti socialiste » ! au même moment, le sigle du parti socialiste s’est réduit sur ses affiches et prospectus à un petit carré rouge en bas à gauche. D'accord. Connasse.
5) Donc avec tout ça dans les mains, compte tenu que je ne voulais pas voter pour un yaourth sans sucre au bifidus actif, compte tenu que je voulais voter pour une vraie gauche (même pas révolutionnaire, juste une gauche de la gauche), mais que cette gauche jouait à la conne qui se coupe avec un couteau en disant « Aïe, ça fait mal » et compte tenu qu’on ne vote pas blanc au 1er tour, je suis revenu au principe qui base ma vie politique : je vote pour ce qui ressemble à mes idées. Or en le cas précis, si on reprend un plus haut cet l’article, sur les trois thèmes qui me sont chers (culture, « sécurité/banlieues » et europe), ben mes idées elles sont pas mal mises en forme, voire pas mal du tout.
6) Bon, du coup, savoir qui a dit les phrases qui sont citées en haut, c’est pas le plus important puisque ce qui compte, à ce stade là, ce sont les idées pas les partis. D’une part, malheureusement, les socialistes ou la socialiste je la vois pas à gauche et d’autre part, je n’ai jamais voulu faire du parti mon point de référence unique en matière de choix électoral, car mon point de référence ce sont les idées. Mon choix il se fait sur les idées et traditionnellement mes idées c’est du coté de la gauche que je les retrouve. Mais là non, non et non. Je n’ai pas envie de foutre les jeunes « délinquants » ni en centres militaires, ni humanitaires, je ne veux pas particulièrement du drapeau français dans ma chambre et je pense que mes collocataires espagnols me trouveraient étrange si je chantais « la marseillaise » tous les matins devant mon bol de corn-flakes (surtout si en me justifiant, j’expliquais que je fais ça parce que j’avais l’intention de voter socialiste).
7) Donc avec tout ça, ben me suis dit que j’allais voter pour le candidat qui portait le plus mes idées et – suite de la devinette – les extraits de programmes qui sont en haut de l’article proviennent de quelqu’un qu’on dit de droite. Ah  ! La belle affaire ! Alors moi je suis vraiment désolé, mais j’ai pas complétement perdu la boule et ce qui est dit plus haut c’est pas de droite. Si on a un doute, il suffit d’imaginer une seule seconde que ces phrases aient été prononcées par Ségolène et là c’est évident : on soupire tous de soulagement, on se dit qu'on l'a notre Sarkozy de gauche et on vote tous-ensemble-tous-ensemble, le coeur léger, la fleur au fusil. Mais problème : ces phrases ne sont pas de la candidate socialiste. Elles sont de François Bayrou et pas de Ségolène Royal. Oui : le type de droite là. Alors c’est pas que je le trouve beaucoup plus charismatique qu’un petit pois sauteur de Pif Gadget, ou qu’un morceau de hachis parmentier (on y revient) mais, par contre, ce que je trouve c’est que certaines de ses positions et certaines de ses propositions sont très saines pour le débat public. Certaines de ses analyses sur la crise sociale en France sont très bonnes et surtout je trouve très bien que ces idées aient obtenues place dans la campagne pour accéder à 18% des voix. A vrai dire, mon souhait c’est que ce score repositionnera un peu Ségolène dans son discours.
Bon, compte tenu du fait que personne ne pouvait avoir de doute sérieux sur le fait que Ségolène serait présente au second tour, l’affaire devenait de donner le plus de poids possible à François Bayrou. Alors le « vote utile », mon postérieur !
Et puis même : eut-ce été Bayrou contre Sarkozy au second tour, ça m’aurait pas arraché la gueule de voter Bayrou et j’aurais pas trouvé ça injuste tant la campagne de Ségolène est lamentable depuis, depuis quand d'ailleurs ? Ah oui, depuis le début.
8) Donc voilà, ça m’a étonné moi-même, mais j’ai voté Bayrou. Et en plus je pense que j’ai bien fait. Faut dire que ça n’est pas allé de soi et je me suis décidé au dernier moment, genre une dizaine de minutes avant l’isoloire, car, à ce stade mon hésitation restait grande avec José Bové et Frédéric Nihous (pour Ségolène c’était plié depuis un moment : hors de question de lui donner ma voix deux fois d’affilée, déjà qu’une fois, bon c’est pas certain, alors deux, tu penses)
Finalement tout va bien : Ségolène est au second tour et plutôt avec un pourcentage élevé (plus que François Mitterand quand même) et tu sais quoi ? je n’y suis pour rien !
Donc je n’ai aucun remord : Bayrou a fait 18% de voix ce qui me satisfait totalement puisque ce score peut inscrire au centre du débat des conceptions que je soutiens sur les trois thèmes qui me tiennent à coeur. Bon, sur le programme économique, j’avoue une grande faiblesse et je ne sais pas du tout quoi penser car je ne le connais pas. Peut-être est-il libéral ? Je n’en sais rien, moi je me base sur le programme social. Au fond je ne voulais qu’une chose : que ce soit Ségolène qui dise ce que dit Bayrou dans les extraits cités plus, pour pouvoir voter le coeur léger.
9) Alors bien sûr, le semaine prochaine, je voterai sans doute pour Ségolène, mais malheureusement ça sera d’abord contre Sarkozy, et c’est, il faut l’avouer, un peu désolant de voter pour quelqu’un contre l’autre : car on a l’impression à la fin, qu’à voter en fonction de l’autre, on vote, peut-être pas « pour » lui, mais en tout cas « par » lui. Mais au moins je serais tranquille : ce vote de second tour ne sera pas un vote de confirmation de mon vote du 1er tour (ça me ferait mal au cul que la candidate qui a fait la campagne la plus pourrie depuis des décennies rassemble plus de voix que Mitterand et par dessus le marché obtienne ma voix par deux fois !) et en plus j’aurais contribué à foutre la merde (dans le bon sens).
 
En résumé : que je n’ai pas voté socialiste au 1er tour ne veut pas dire que je renie le parti socialiste, ça veut dire que je n’appuie pas « la molesse du genou » de cette campagne socialiste et ça veut aussi dire que c’est la seule et dernière fois que je voterai pour une pub de l’Oréal ou pour un produit laitier à la con !

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Publié le 17 Avril 2007

Juste pour dire que, je le maintiens et je reprends les paris, Sarkozy ne sera pas président de la république (en tout cas pas cette fois-ci).

Je dis ça, en même temps je dis rien, mais juste que je prends les paris et que je voudrais pas qu'on me dise après ma prédiction triomphante que je n'en avais rien dit et que je suis un opportuniste.

Je suis pas un opportuniste, je suis un visionaire, c'est pas pareil.

Ceci dit, j'ai beau penser que ça sera la pouffiasse qui sera élue, je m'avancerai jusque là, juste je dis que ça sera pas le type un petit peu tranquille. J'ai pas dit non plus que ça me faisais plaisir si elle gagne.

Bon enfin voilà quoi, juste que ci-bas dans les commentaires, je relève les paris (si vous voulez on fait même un vote voir combien pronostiquent quoi).

 

Une bise républicaine.

 

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Publié le 5 Avril 2007

Comme je suis très préoccupé par les élections à venir et comme je ne fais pas de politique sur ce site, non je ne fais pas de politique sur ce site/oui je fais de la politique sur ce site, je vais laisser parler un footballeur qui est, à mon sens, le seul type - enfin un des rares - qui n'a pas complétement perdu la boule, pour ne pas dire la balle, ou la "pelotte" en ces temps de merde, oui en ces temps de merde, ça sonne bien.

C'est un très bel entretien, et je ne ferais pas plus de commentaires.

Juste pour dire, je peux pas m'empêcher, que vraiment les questions du journaliste sont mitoyennes du pathétique (à moins que son intention soit de récupérer l'entretien à des fins partisanes, ce qui est indigne et alourdit considérablement l'aérien du débat).

Sur ce, je me tais.

 

Une interview de Lilian Thuram.

C'était le 25 novembre 2005, juste après les émeutes de banlieue. Le défenseur de l'équipe de France de foot se retrouve devant le ministre de l'Intérieur. Ce face-à-face-là, il ne l'a pas encore digéré. Aujourd'hui, il se souvient et... attaque
 

Le Nouvel Observateur. - Vous affirmez que Nicolas Sarkozy a «une vision raciale des gens». Vous pensez vraiment que Sarkozy est raciste?
Lilian Thuram.-Je crois qu'il voit vraiment les gens en fonction de leurs origines. C'est sa vision de la société. Son communautarisme en découle. Je n'ai rien contre lui personnellement. Mais je pense sincèrement qu'il joue avec les préjugés et les peurs, qu'il les alimente et les exacerbe.

 

N. O.-Le connaissez-vous assez pour êtreaffirmatif?
L. Thuram.- Je le lis, je l'entends. Je l'ai rencontré. Cette rencontre m'a profondément marqué. C'était le 25 novembre 2005, après les émeutes de banlieue. J'avais dit publiquement le mal que je pensais de ses sorties sur « les racailles ». Je pensais qu'il ne savait pas le poids de certains mots... C'est lui qui m'a fait appeler. J'ai accepté de le voir, même si quelques amis me l'avaient déconseillé. Je ne les ai pas écoutés : je pense qu'il ne faut jamais refuser la discussion. Je ne voulais pas rester sur un malentendu, mais au contraire lui expliquer que ses propos risquaient de réveiller le racisme latent de la société française.

 

N. O.-Comment s'est passée votre rencontre?
L. Thuram.- Aujourd'hui, en y repensant, je me dis qu'il l'a prise comme un défi. Ses premiers mots, en me serrant la main, ont été : « Même quand je suis devant un plus grand que moi, je ne bouge pas d'un iota. » Ça m'a fait sourire. Ensuite, il s'est mis à m'expliquer la banlieue. Visiblement, il pensait que j'étais déconnecté. Un footballeur millionnaire... Il me parlait de chiffres, de délinquance, d'agressions. J'ai essayé de lui parler de l'injustice sociale. J'ai voulu lui expliquer les halls d'immeuble. Je lui ai dit que, souvent, les jeunes se retrouvaient là parce qu'ils n'avaient pas d'autre endroit pour discuter. Moi-même, avec ma future femme, quand on était jeunes, on allait réviser nos cours dans la cage d'escalier parce que chez nous, il n'y avait pas de place. C'était un prolongement de l'appartement. On dit souvent que les jeunes traînent en bande... Moi aussi, je tournais à Fontainebleau avec mes copains. On restait dans la rue parce que nous n'avions pas les moyens d'aller au café. Mais nous avions bien le droit d'aller en ville, nous aussi, même si nous n'avions pas de sous ! J'ai perdu cette habitude quand je suis devenu footballeur stagiaire à Monaco. Je pouvais me payer le café, je ne comprenais plus qu'on puisse tourner pendant des heures... J'étais passé de l'autre côté !

 

N. O.- Il vous a entendu?
L. Thuram.- Je crois. Il m'a même demandé de saluer mon épouse ! Ensuite, il s'est mis à parler des caméras de surveillance. Il m'a expliqué qu'il fallait en mettre dans les quartiers. Ça m'a indigné. Je l'ai coupé. « Mais attendez Monsieur Sarkozy, les plus gros bandits, ils ne sont pas en banlieue. Ils sont peut-être à Neuilly ! » Je n'avais pas dit Neuilly pour le provoquer. Mais il a dû le prendre pour lui. Il m'a répondu : « Monsieur Thuram, ce sont les Noirs et les Arabes qui créent des problèmes en banlieue. » Je lui ai dit : « Ceux qui créent les problèmes en banlieue, ce ne sont pas les Noirs et les Arabes, ça s'appelle les délinquants. »

 

N. O.-Vous étiez en colère?
L. Thuram.- Non, j'étais stupéfait. Je me demandais si ça arrivait vraiment, si c'était une mauvaise blague. Je me suis demandé s'il réalisait ce qu'il disait. S'il réalisait même à qui il parlait ? Je suis noir, et il me disait ça, à moi ? Cela m'a travaillé des semaines, des mois après l'avoir vu. Aujourd'hui encore, je me sens mal en y repensant. C'était trop dur, trop gros.

 

N. O.- Etait-ce vraiment l'expression d'une pensée raciste, ou une manière de vous affronter?
L. Thuram.- Attendez. Si un homme politique est capable de dire n'importe quoi pour remporter un duel verbal face à un footballeur, on peut se poser des questions. Sur son sang-froid. Sur sa capacité à se maîtriser. Quand on s'est quitté, il m'a dit : « Je serai président de la République ! »

 

N. O.- Mais vous-même, vous n'êtes pas très modéré lorsque vous parlez de Nicolas Sarkozy!
L. Thuram.- La question n'est pas de dire « Monsieur Sarkozy n'est pas raciste », mais d'observer ce qu'il construit, ou ce qu'il tolère. Il a expliqué qu'Alain Finkielkraut faisait honneur à l'intelligence française juste après sa sortie sur l'équipe de France « black-black-black », qui « faisait ricaner toute l'Europe ». C'était vraiment le moment de le soutenir ?

 

N. O.-Sarkozy n'est pas responsable des propos de ses partisans...
L. Thuram.- Mais lui-même joue sur les sentiments de rejet - ou bien, il les nourrit. Quand il oppose son « immigration choisie » à « l'immigration subie », il suggère que les enfants d'immigrés qui vivent déjà avec nous sont « subis », une gêne. Qu'ils sont de trop ! Et quand ses amis m'ont attaqué pour avoir offert des places au Stade de France à des squatters de Cachan, c'était indigne. Cela fait des années que j'invite des gens, sans en parler. A Cachan, des sans-papiers ont eu peur d'accepter notre invitation, à Patrick Vieira et à moi : ils croyaient qu'on allait les arrêter au stade ! Aujourd'hui, des politiciens jouent avec la vie des gens. Quand on est sans-papiers, on peut tout aussi bien crever. C'est ainsi que l'on éduque les Français ? C'est ce qu'on veut apprendre à nos enfants ?

 

N. O.-Vous avez l'impression d'une France raciste?
L. Thuram.- Au contraire, la France assume mieux son passé et sa diversité. Mais le racisme est renforcé par des politiciens ou des intellectuels qui oublient leur responsabilité. Compter les Noirs en équipe de France est une perversion. Il pourrait y avoir onze joueurs noirs sur onze, ou zéro sur onze, ça n'aurait aucune importance. On se compte, on compte les autres, on invente des quotas, on s'organise en communautés fermées. Je suis totalement fier d'être français et totalement pénétré de mon identité noire et antillaise. Mais cela ne doit pas être prétexte à rejeter les autres. Vous savez, on trouve des irresponsables partout - également aux Antilles : les propos de Raphaël Confiant sur les juifs « inommables » valent bien les imbécilités de Finkielkraut ou de Georges Frèche.

 

N. O.-En attaquant Sarkozy, vous jouez le jeu de la gauche?
L. Thuram.- C'est complètement stupide ! Je ne veux pas qu'on me mette dans une case. Je ne me sens ni de gauche ni de droite. J'ai siégé au Haut Conseil à l'Intégration avec des gens de gauche et de droite. J'ai effectivement rencontré Ségolène Royal, à sa demande, comme j'avais vu Sarkozy à son invitation. Elle revenait des Antilles, nous avons surtout parlé de cela. Contrairement à ce que j'ai lu, je n'irai pas au forum participatif des socialistes sur le sport. Ça ne m'a même jamais traversé l'esprit. Je suis comme tous les Français, qui attendent que les politiciens s'occupent des problèmes des citoyens. Je voudrais que les gens « responsables » nous éduquent, nous incitent à nous comprendre et à nous respecter. Qu'ils travaillent à unir la France et les Français au lieu de profiter de nos divisions. N'ayons pas la mémoire courte. Il y a cinq ans, tout un peuple était descendu dans la rue contre l'extrême-droite. Aujourd'hui, le racisme est latent. Et malheureusement, on l'accepte comme une fatalité. C'est contre cela qu'il faut se battre.

 

Paru dans le Nouvel Observateur, nº2205, semaine du jeudi 8 février sous le titre (lamentable, notez que ce n'est pas une phrase de Thuram) : Le jour où Sarko m'a fait peur.
Interview par Claude Askolovitch.

 

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Publié le 2 Avril 2007

Jésus crie.

Voilà c'est tout.

Ah non, sinon j'ai aussi Monsieur et Madame Tastique qui ont fils (mais pour ça, je vous laisse trouver ça et me le dire dans les commentaires).

Et puis Papon peint aussi.

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