Publié le 7 Janvier 2007

Alors…

Outre que je ne fais pas (non je ne fais pas) de politique sur ce blog (oui je fais de la politique sur ce blog) et outre que je ne peux pas faire autrement que de souhaiter une bonne année à ceux qui le méritent et qui ont été sages (de toutes façons les autres se droguent et ne se sont pas apperçus qu’il y a une nouvelle année qui est arrivée sans crier « gare » (t’as déjà vu une année crier toi ? – espèce de cave)), outre une loutre donc (merci Fafabien, cette expression est nulle et directement implantée en électrodes dans le cortex depuis et ressort à tout va), outre une loutre donc (désolé je peux pas m’empêcher...), outre donc, il faut bien que je dise mon mot sur l’autree là. L’autree avec deux « e » précise-je, puisque c’est une femme – et « il ne faut pas la réduire à ça » dit l’autre (sans le second « e ») car « elle vaut mieux que ça », « elle vaut mieux que ça », c’est à dire : « parce qu’elle le vaut bien » et d’ailleurs on ira pas jusqu’à lui contester « qu’elle fait ce qu’elle veut avec ses cheveux ».

Tout en slogan et en tailleur, on est dans le fond, pas dans la forme, dans le fond. Mais alors tout au fond.

« Tous ensemble pour que ça change fort ».

C’est pas que c’est con comme phrase, mais quand même c’est con.

« Que ça change fort », mouais « ne poussez pas trop fort sinon y en aura partout » disent les enfants, et on sait qu’ils ont toujours raison.

Il parait que c’est au moment où l’autre-excité-tout-calme a proposé l’explosion sociale « tranquille » que l’autree a flippé et a rajouté un « fort » à son « tous ensemble pour que ça change », histoire de bien répondre.

A ce rythme de slogans autoparodiques qui se répondent, on devrait bientot pouvoir lire : « la rupture brusque » et « tous ensemble pour que ça change tranquille » ou encore « la rupture super fort dans ta face » ou « tous ensemble pour que ça change un peu mais pas trop avec l’homéopathie naturelle ».

C’est pas que c’est consternant mais c’est consternant. Au départ, on avait le con-cubin de l’autree (ne la réduisons pas à ça, surtout qu’il y a sans doute d’autres raisons de la réduire) comme ça :

flan

et puis ça changé, fort, et maintenant on a ça :

yaourt

Je n’invente rien : de ce coté ci de la barrière politique, on est dans le doux mais ferme, dans le léger, le bucolique, le sain, le nature, le calme, mais aussi le changement fort à base de plantes et de ciel rose le tout en douceur.
 
En gros on est dans les
nuage
 
Si si. Tu me croies pas ?
C’est pourtant pas compliqué :

 

Un yaourt, un nuage : pour que ça change fort (ou « une fleur la vie »).

Ok, on va pas en faire tout un flan...

Bon alors j’entends ceux du fond qui gueulent : « tu parles que de la forme et pas du fond, tu parles pas des idées... » Ce à quoi je suis tenté de répondre : « et gnagnagni gnagnagna ».

Ben non j’en parle pas, d’abord je parle de la forme et je parle pas du fond parce que la forme a remplacé le fond et parce que au fond on y est déjà. Et pis ensuite quand aux idées, comment dire... les idées... allez une au hasard : les centres d’éducation militaire pour éduquer des gens qui habitent dans des cités qui culminent à plus de 40% de chômage, bizarre mais ça m’inspire pas, pire : ça me parait pas de gauche. Ok, je suis mauvaise langue, c’est pas ça qu’elle a dit, elle a dit :

- Ah non, je me suis trompée, j’ai dit « militaire » et vous avez pas entendu « humanitaire ».

- Ah bon.

Alors va pour l’humanitaire. Le chômage géographique et social, le service public en vente sur e-bay, la reconnaissance de la diversité identitaire de la population française en 2007, le droit au logement alors que près d’un million 800 000 logements sont vides en France et que poussent des tentes au bord du moindre coin d’eau, tout ça c’est hu-ma-ni-taire on vous dit.

OK. Sinon y a autre chose ? Non ? Je sais pas moi un grand programme d’éducation des citoyens exercé par des militaires de l’armée du salut habillés à base de bifidus actif ? non ?

Non franchement des idées, je vais pas trop en parler, parce que vraiment  le « changement fort » ça se fait pas à coups de yaourts.

Bon, sur ce, je crois que je vais aller me faire un pétard et « pédaler dans les nuages au milieu des petits lapins » (H. F. Thiéfaine).

 
Et puis, rien à voir, mais cette année j’ai vraiment eu l’impression que pour souhaiter bonne année à la planète les américains nous ont pendu le papa noël, sauf que c’était dans une cave et qu’on a pas vu la neige. Parait que G. Bush a bien dormi cette nuit là. Heureusement qu’on peut compter sur lui pour gracier une dinde.
La politique à coups de marteaux

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